Communication

Pourquoi la crise de TikTok aux USA n’est pas une si mauvaise nouvelle pour les community managers ?

La crise TikTok aux États-Unis continue de laisser son empreinte dans le paysage numérique. Qu'en est-il face pour le community manager ?

 

La saga TikTok chez l’Oncle Sam traine en longueur sans qu’on sache exactement comment cela va se terminer. De ce fait il était nécessaire d’écrire un article sur la façon dont nous, community managers, nous pouvions percevoir cette affaire.

 

La France pourrait-elle interdire TikTok après les États-Unis ?

Evidemment, sans se lancer sur le débat du « qui a tort ? ou qui a raison ? », on ne peut pas regarder avec quiétude la volonté de l’administration Trump d’interdire TikTok dans son pays. Pour commencer, cela a eu un écho mondial et on ne peut pas vraiment se réjouir qu’une application populaire qui encourage la créativité, puisse faire l'objet d'une interdiction.

Alors personne n’est dupe et tout le monde a compris que derrière cette interdiction, se trouve la stratégie géopolitique américaine qui consiste à montrer ses muscles face à la Chine. Le problème c’est que cela peut avoir un effet boule de neige. A la suite des Américains, certains pays européens souhaiteront peut-être suivre le pas, afin de montrer leur grande fidélité envers le Nouveau Monde.

Du coup après les USA, il n’est pas totalement invraisemblable que la France soit le prochain pays de la liste à interdire Tiktok (ce qui serait très malheureux).

Mais le but de l’article n’est pas de réaliser une chronique de cette affaire qui connaît moult rebondissements. Il s'agit plutôt de tenter de prendre un peu de recul et de savoir pourquoi cette histoire avec TikTok n’est pas une si mauvaise nouvelle pour nous les community managers.

 

Les réseaux sociaux sont devenus des véritables acteurs culturels

Pour commencer, il faut comprendre qu’il y a une véritable prise de conscience de l’impact culturel des réseaux sociaux, comme le fût la télévision dans les années 60.

Depuis juillet 2020, plus de la moitié de la population mondiale (51%) utilise les réseaux sociaux, soit 3,96 milliards d’utilisateurs ! 

Alors forcément, ces réseaux sociaux dont TikTok fait partie, ont un impact colossal dans la vie sociale des internautes. Ces derniers pouvant s’informer et échanger librement, cela créé naturellement des impacts culturels. Il y a maintenant des débats sur la protection de nos données, les publicités évoluent (le budget des publicités social media ayant dépassé celui du print), la question de fiabilité de l’information devient quasiment une priorité nationale…

Beaucoup ne seront peut-être pas surpris par ces informations mais de nombreuses personnes sont encore persuadées que les réseaux sociaux ne sont qu’une mode. On connait tous un ou une collègue, un(e) voisin(e), oncle, tante… qui pensent que les réseaux sociaux ne sont pas sérieux. De nombreuses entreprises ne sont pas même pas convaincues ! C’est aussi pour cette raison que plusieurs centres offrent des formations à des chefs de PME, afin qu’ils puissent gérer leur business grâce aux réseaux sociaux.

Suivre une formation community manager pourrait être un bon moyen de s'y intéresser pour certains chefs d'entreprises.

Le fait que le président des États-Unis souhaite interdire TikTok a au moins le mérite de rappeler l’importance des réseaux sociaux dans la vie nos sociétés.

 

Les réseaux sociaux sont désormais au cœur du soft power des Etats

Mais allons un peu plus loin ! Comment les réseaux sociaux sont-ils devenus des leviers culturels de première importance ? Ils sont devenus des armes de ce que l’on appelle le « Soft Power ». Pour rappel, le « soft power » est une stratégie qu’un Etat utilise, pour orienter les relations internationales en sa faveur. L’attractivité de la culture est un des aspects du « soft power » et en diffusant les réseaux sociaux dans les autres pays, les USA continuent à imposer leur puissance culturelle.

L’interdiction de TikTok s’inscrit donc dans une guerre culturelle entre 2 géants et la question qu’il faudrait réellement se poser est : Où sont les nations européennes dans cette bataille ? A quand un TikTok français, un Instagram allemand ou Un Twitter italien ?

Pour le coup, la réponse n’est pas vite répondue et il est difficile de savoir si elle le sera un jour. Nous faisons parti des absents dans cette histoire et c’est dommage car la souveraineté numérique commence enfin, à être dans les cartons de l’Etat.

Et de l’arme du « soft power », nous passons à l’arme diplomatique. Pour la première fois nous voyons qu'avec TikTok, c'est un réseau social qui est au cœur d’une tension diplomatique. Certes la Chine avait déjà refusé l’entrée de Facebook sur son territoire, mais nous étions déjà habitués à ce type de choix de la part de l’Empire du Milieu. Mais venant des États-Unis d’Amérique, nous ne l’étions pas et il est fort probable que d’autres cas surviennent par la suite. TikTok n'est peut-être qu'un point de départ !

En une quinzaine d’année, les réseaux sociaux sont devenus une arme géopolitique et culturelle au même titre que la télévision et le cinéma.

 

De l’importance des réseaux sociaux à l’importance des community managers

Il faut toujours se méfier de la méthode Coué. Oui, beaucoup d’entre nous sommes persuadés que les réseaux sociaux sont déjà indispensables, oui, on sait que c’est une force culturelle de première importance… Mais nous, c’est notre métier. D'ailleurs ni les réseaux sociaux et ni internet, n’ont pas encore délogé la télévision (ça viendra probablement un jour).

Si la crise autour de TikTok a un seul intérêt pour les community managers, c’est qu’elle illustre la place des réseaux sociaux dans la globalisation. Ainsi ceux qui sauront les maitriser professionnellement, pourront tirer leur épingle du jeu. En faisant preuve d’un certain cynisme, on peut se dire qu’avec cette crise et l’intérêt de plus en plus croissant des décideurs pour les réseaux sociaux, notre profession peut encore espérer à un bel avenir.

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Source image à la une : DepositPhotos

Valentin Baudena

Je suis Community Manager pour une startup d'impression 3D. J'ai suivi un parcours dans les sciences humaines et je suis plutôt branché dans la création de contenu comme la rédaction web et la créativité visuel.

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