Marketing & Communication

La dérive du personal branding : l’apparence au détriment du contenu

Un bon personal branding devrait être le reflet d'éléments conduisant à la personne et non pas chercher à valoriser l'apparence au détriment d'une expertise, d'un contenu, d'une compétence etc. C'est une question de fond et non de forme !

Plus les années passent plus la course à la visibilité devient affolante, avec toutes les dérives que cela comporte. Le personal branding ou le marketing de soi, serait indiscutablement le levier à travailler pour parvenir à gagner de l’attention, mais sur la personne plus que ce qu’elle produit. C’est ce que l’on constate trop à ce jour !

Un bon personal branding doit conduire à connaitre une personne au travers de ce qu’elle produit au sens large du terme.

 

Le personal branding : une question de contenu ?

Les marques ne sont-elles pas connues au-delà de leurs fondateurs ? c’est par la suite qu’un fondateur prend sa place. Ne parle-t-on pas d’un savoir, d’une compétence avant de rapporter cela à une personne. Si ce n’est pas le cas, alors on ferait cas de tout ce que le web véhicule sur une personne, sans grande possibilité de le vérifier.

Un travail bien fait, des idées qui bousculent les genres, les innovations, les concepts, etc. conduisent toujours vers la personne, vers celui qui créé les choses.

Le chemin est rarement emprunté depuis la personne vers sa création !

C’est un travail ou un contenu qui me donne envie de connaitre la personne derrière, mais pas de connaitre une personne et ensuite son travail ; c’est dans ce sens que l’on est souvent déçu, alors que dans l’autre on part du principal. Si on est déçu de la personne, ça ne remet aucunement en cause un travail bien fait, ce sont juste des éléments connexes qui nous en détournerait.

le personal branding

Ce qui n’enlève en rien qu’il peut y avoir un bon personal branding, quand bien même on pourrait enlever personal. Mais voilà où le marketing et ses nombreuses ramifications nous font aller ! Le personal branding est donc bien une histoire de contenu qui fait connaitre la personne qui est derrière.

Remarque : Il ne s’agit pas de passer par l’auto-promotion, en plaçant systématiquement son produit ou service au centre en vue d’assurer sa promotion. Il faut délivrer des conseils, de l’information et être dans l’échange.

Exemple : Une personne passionnée de storytelling vous donnera de nombreux conseils, astuces, partagera sa passion etc. mais à aucun moment, ou que très rarement, elle assurera la promotion de son agence sur le sujet. C’est en prenant connaissance de ses contenus et conseils que vous aurez envie de connaitre la personne, vu que vous aurez déjà approuvé et validé son expertise en la matière.

Faire appel à ses services deviendra alors une simple formalité. On voit donc bien ici que c’est pas un travail sur la personne, mais au travers du contenu délivré. Si le travail est bien fait, cela conforte d’autant le client et il sera plus facilement recommandé par ce dernier. Voilà ce qu’est un bon travail sur la personne et l’image à la fois.

 

Le personal branding : La solution à tous les maux identitaires ?

Il semble que le personal branding soit devenu aujourd’hui un levier survendu, et bien souvent détourné dans le seul intérêt de se montrer, sans qu’il y ait une histoire ou un fondement qui crédibiliserait une personne en usant.

auto promotion i love myself

Un personal story branding devrait naitre pour donner un minimum de sens à une personne. J’ai juste inventé ce terme qui ne veut rien dire en l’était, mais qui est là pour typifier le creux que l’on rencontre chez certaines personnes. Les histoires et le vécu façonnent une personne tout en lui attribuant des valeurs, reconnues ou pas. Faire connaitre un talent ou une vraie expertise part déjà d’un rapport à quelque chose.

L’exemple le plus flagrant du vide (à mon sens) est le monde de la téléréalité ; on fabrique des personnes qui deviennent momentanément banquables et on leur dit au revoir. Pas d’expertise en amont, ni de création de contenu si on se réfère à l’étiquette (usurpée) d’influenceur. Malheureusement le terme joue son rôle dans la mesure où il y a une forme d’influence, mais elle n’est pas saine dans une grande partie des cas.

Aujourd’hui le personal branding conduit malheureusement à une perte d’identité !

Il renie le fondement même qui est la valeur humaine, et la capacité à produire quelque chose qui créerai le lien entre créateur et contenu, voir contenant et contenu.

On a ici un remède à certains maux ou des problèmes d’identité vécus au travers des modèles de business, très largement portés par les médias. Bien qu’il ne s’agisse en moyenne que de 3% des entrepreneurs qui émergent de la masse.

A quand la médiatisation de l’échec qui est l’une des meilleures voies pour apprendre ?

Voilà le personal branding dévié de sa trajectoire : allez vous faire voir si vous voulez être banquable ! Encore faut-il avoir quelque chose à montrer, à faire valoir, une compétence avérée, une passion, une idée, un concept, une innovation etc. En clair tout ce qui contribuerait à valoriser qui vous êtes au travers de ce que vous faites !

Une personne sans aucune valeur ajoutée n’aurait que peu de choses à faire valoir ; son physique, son charisme, quand bien même il faudrait une finalité.

 

Mettre en valeur le fond et non la forme !

Il faut comprendre que pour travailler un personal branding solide, il faut avoir un fondement établi sur quelque chose de tangible. Qu’il s’agisse de contenu ou autre chose, c’est ici le fond qui doit primer, car il ramène dans tous les cas vers la personne.

le fond et la forme en personal branding

En mettant l’accent sur le fond, l’image qui en découlera sera plus solide tout comme l’influence. C’est certes un long travail comme le serait le SEO en marketing digital, mais il convient de ne pas rapporter systématiquement un personal branding à la personne directement. Il demeure important de soigner son image bien évidemment.

Le personnal branding directement lié à la personne

On pourrait penser dans certains cas qu’il s’agit bien de la personne, comme les comédiens ou toute personne qui a un talent directement lié à ses capacités physiques, intellectuelles etc. Cependant ce sont bien ces dernières qui mettent en relief la personne. Il y a donc toujours un élément externe qui se rapporte à la personne.

 

En conclusion

Ne vous faites pas flouer par les sirènes de l’influence ou d’un personal branding creux qui ne serait pas solide et pérenne. Le contre-exemple est tout trouvé chez les personnes de la télé-réalité. Elles n’ont souvent rien à faire valoir ; pas d’expertise, pas d’antécédent significatif ni de création de contenu, si ce n’est un physique qui répond à des normes ou des standards.

A ce stade c’est souvent une image fabriquée portée souvent par les médias qui demeure. Une personne de la télé réalité devra alors rebondir rapidement sur l’opportunisme pour s’inscrire dans la durée. Combien de ces personnes ont rapidement quittées les radars ?

Un bon personal branding tiendra aussi longtemps que vous êtes non et référent dans votre travail et/ou le contenu que vous délivrez.

   

Laurent Bour

Fondateur du Journal du Community Manager et vrai Geek ! je suis passionné par l'univers social media et particulièrement par les nouveaux leviers marketing. J'arpente Internet et les médias sociaux depuis leurs débuts. J'ai assuré mes débuts en informatique sur un Oric Atmos, et j'ai été un vrai fan de l'Amiga. Expert ! Je ne le suis pas. Je continue d'apprendre.

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